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L’œuvre de la semaine : Conférences d’automne : Petites histoires illustrées de la messe d’antan

Ah la messe ! Soit on y va par conviction religieuse, et puis aussi, reconnaissons-le humblement, par devoir ou par obligation. Qui ne s’y est jamais ennuyé ? Allez, allez, reconnaissons-le : au-dessus des mains jointes ou derrière les yeux fermés, l’esprit vagabonde et quant à l’oraison, même avec les meilleurs sentiments, on ne peut pas y être attentif en permanence. Les esprits curieux regardent à gauche et à droite. Oh, pas toujours pour reluquer son prochain, non, mais pour observer ce grand livre d’images que constitue une église. Enfin, livre d’images….c’était plutôt avant Vatican II, car, depuis lors, le décorum s’est quand même un peu estompé, remisé dans les greniers ou vendu à l’encan.

Illustration Frère Abraham : L’Assomption – Huile sur toile (détail) Eglise Saint Martin de Vieux-Virton Coll. Musée gaumais

Mais quand même, voyez la statuaire, les vitraux et les tableaux ! C’est intéressant. Des images, y en a partout. Ici en plâtre, là en bois, ailleurs de verre, de toile ou même de papier. En général, les scènes sont assez chargées ; la fumée des cierges a assombri les couleurs autrefois chatoyantes sous les encadrements noirs ou chargés de dorures. Et, pour les ignorants que nous sommes devenus, le sujet représenté est souvent intrigant : Trois types qui mangent une pizza ? Les disciples d’Emmaüs ! (mais qui c’est Emmaüs ? Ah, ce serait donc l’abbé Pierre ?) Une foule qui picole ? Les Noces de Cana (non, ce ne sont pas des fleurs !). Une autre qui se goinfre ? Le miracle des pains ! Et ce gars qui tombe par terre avec sa croix, qui est-ce ? Alors on cherche. Le plus ignorant se réinvente l’histoire de l’Enfant joufflu (c’est un peu le but, histoire d’éduquer le peuple dans le respect de la loi et des bonnes mœurs). Le plus spécialisé, lui, commence par le nom du peintre ; où a-t-il signé ? Nulle part ! Les peintres de sujets religieux, eux aussi, font preuve d’humilité. Leur art n’est pas fait pour leur propre mérite, ni pour être vendu. Il est fait pour l’Oeuvre de Dieu ; il s’inscrit pour l’éternité, dans laquelle se mêlent les générations successives d’hommes, de femmes et d’enfant, affamés de Paradis, que l’on aura formées grâce à lui. En Gaume, le plus connu est Frère Abraham d’Orval. Au XVIIIe siècle, les autorités de l’abbaye firent de lui, cet ermite obscur perdu à Mellier, un moine convers et un peintre digne de ce nom. A tel point qu’on l’étudie, on recherche ses œuvres en Belgique, en France, au Luxembourg , tant et si bien que, en Gaume, n’importe quel tableau d’église, aussi beau ou aussi laid soit-il, lui sera attribué ! Il est temps d’y mettre de l’ordre ! Il est temps aussi de retrouver et de mettre à l’honneur d’autres artistes, moins connus ou plus talentueux, qui se sont effacés. Et il y en a ! Qui étaient-ils ? D’où venaient-ils ? C’est ce qu’étudie l’historien de l’art Henri Carême, et ce qu’il nous dévoilera au cours de sa prochaine conférence à Rulles. Venez l’écouter et voir car, pour les deux cents ans de l’église, le livre d’images s’est agrandi d’une exposition !

Les Conférences d’automne du Musée gaumais :
« La peinture au XVIIIe siècle dans l’ancien Duché de Luxembourg,
par M. Henri CARÊME, doctorant en Histoire de l’art
Le mercredi 02 octobre à 19H, en l’église Saint Maximin de Rulles
En collaboration avec l’Unité pastorale, à l’occasion du bicentenaire de l’église.
P.A.F. : 5 € - Abonnement pour 5 conférences : 20 €
Infos : Musée gaumais : courrier@musees-gaumais.beTél. 063/5703115