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Le 12 janvier 1961, Camille Barthélemy s’éteignait à la clinique de Saint-Mard, son village natal, à l’âge de septante ans. La province de Luxembourg et la Gaume venaient de perdre un de leurs plus grands artistes.

Camille Barthélemy était né un 28 novembre 1890 à l’ombre du clocher de l’église Saint-Martin à Vieux-Virton, dans cette « rue du Puits » qui porte aujourd’hui son nom, et enjambe d’un petit bond la voie ferrée. Nestor Outer, son professeur de dessin au collège communal, remarqua très vite ses dons pour le dessin et encouragea son jeune élève à poursuivre des études artistiques. De 1906 à 1914, il fréquenta l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles et, dès ses débuts, travailla chez des peintres décorateurs. En marge de la peinture sur chevalet qu’il pratiqua depuis 1916, il enseigna le dessin et le travail manuel aux élèves de l’Ecole moyenne de Schaerbeek et de Diest.

C’est la Flandre d’abord qui séduisit ce paysagiste qu’attirait la douce harmonie des impressionnistes. Puis, libéré peu à peu de ces influences, l’artiste s’exprima puissamment quand il s’attacha à peindre l’Ardenne en couleurs fortes et formes géométrisées. En 1931 à Bruxelles, l’exposition intitulée « L’Ardenne sous la neige » le consacre comme l’un des meilleurs peintres de cette région. Mais au lendemain de celle-ci, Barthélemy renoue avec sa Gaume natale et c’est à la lisière des deux qu’il s’installe, à Chiny, dans une maison qu’il avait acquise en 1922 avec Irène Fech, une institutrice d’Arlon épousée en 1920. Il ne s’y consacre plus qu’à la peinture.

Barthélemy a parcouru la France et le Grand-Duché de Luxembourg. De ses voyages dans les vallées du Tarn, du Lot et de l’Aveyron, de l’Espagne et du Maroc, il rapporta des œuvres lumineuses et solidement construites.

Des eaux-fortes de l’artiste se dégage semblable force et puissance qui placent le graveur parmi les plus intéressants du pays.

Cette médaille est l’œuvre de Joseph-Gérard Van Goolen (1885-1944), sculpteur de talent. Un même profil, en bronze, personnalise la pierre tombale de l’artiste au cimetière de Saint-Mard. Il figure également sur la plaque en bronze apposée sur sa maison à Chiny, rue du Fort.

Elève de Rousseau et de Dubois à l’Académie de Bruxelles de 1908 à 1911, Van Goolen fut bénéficiaire d’une bourse de voyage à Paris et en Italie en 1913. Cet artiste de Woluwé, fils de forgeron, ami de Wolvens et de Charles Counhaye, remporte le Grand prix de Rome de sculpture en 1919. A Malines, il enseigne à l’Académie de 1923 à 1943, travaille dans l'atelier de sculpture sur bois que dirigeait le père de Rik Wouters. Un monument de sa main à la mémoire des déportés y rappelle sa présence. Il y a toutes les chances que le sculpteur et le peintre se soient rencontrés, côtoyés dans cette ville qui a inspiré Camille Barthélemy dans les années vingt.

 

Photo :
J
oseph-Gérard van Goolen
Profil de Camille Barthélemy
Plâtre, diamètre 33 cm
 

 

Ce plâtre est exposé à l’accueil du Musée gaumais