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Au 17ème siècle, dans son itinéraire du Luxembourg romain, l’historien luxembourgeois Alexandre WILTHEIM citait les blocs sculptés qui gisaient épars dans les bois de Montauban. Il fallut ensuite attendre 1913, puis 1952 pour que des fouilles archéologiques soient menées scientifiquement. A Montauban sont liés les noms d’archéologues belges de premier plan, tels que Edmond Rahir et Joseph Mertens. C’est ainsi que fut reconnu un « éperon barré » implanté à l’époque celtique. Un éperon barré est une fortification qui met à profit un plateau de forme triangulaire, cerné sur deux de ses côtés par des vallées encaissées, formant des défenses naturelles. Le troisième, d’accès plus aisé est alors protégé par un mur de barrage linéaire.

Le refuge de Montauban fut implanté à l’époque de l’Age du Fer. Des levées de terres et des palissades délimitèrent ainsi le vaste plateau du sommet de la colline. Diverses modifications y sont intervenues de la période de Halstatt à celle de La Tène.

Bien que sans doute occupé durant l’époque romaine, il ne semble avoir été réaménagé et enrichi qu’au haut Moyen-âge, avec l’érection d’un donjon et l’établissement de défenses secondaires. C’est à cette époque que furent réemployés dans la fortification des bas-reliefs gallo-romains qui avaient constitués auparavant des monuments funéraires, sans doute établis le long des voies romaines toutes proches. Extraordinaire découverte qui propulsa le Musée gaumais à l’avant-plan des musées belges, plus de quarante de ces blocs furent ainsi mis au jour, reproduisant des scènes de la vie quotidienne ou du symbolisme funéraire romain du 2ème siècle ap. J.-C. Parmi ceux-ci figurait le relief de la fameuse Moissonneuse des Trévires, incluse désormais dans tous les manuels d’histoire.

L’ épisode médiéval n’eut qu’une existence éphémère : selon les fouilles récentes réalisées pour la Région Wallonne par l’archéologue Denis Henrotay, le donjon fut rapidement incendié, et le souvenir de Montauban ne se perpétua à l’époque moderne que dans la fameuse légende des Quatre Fils Aymon.

Plus de renseignements sur l’archéologie de Montauban dans Chronique des Musées gaumais, 219 - 62, 2009.
(voir la couverture) 

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